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Planter des arbres pour faire revenir l’eau

Interview d'expert

Les végétaux et la biodiversité sont d’indispensables maillons de la chaîne de l’eau douce. Comment Klorane Botanical Foundation s’engage pour les préserver ?

Diverses études scientifiques sur les effets du réchauffement climatique s’accordent sur le fait qu’en 2025, les deux tiers de la population mondiale pourraient connaître des restrictions en eau. Préserver cette précieuse ressource apparaît aujourd’hui comme un enjeu crucial : Florence Guillaume, directrice de Klorane Botanical Foundation, nous explique comment la fondation s’engage pour cette cause.

Fondée en 1994 par Pierre Fabre, Klorane Botanical Foundation œuvre partout dans le monde à protéger et valoriser le patrimoine végétal. Elle agit autour de trois piliers phares : protéger, explorer, transmettre. « Protéger les espèces menacées, explorer le monde végétal pour mieux le connaître, et transmettre les connaissances sur les bienfaits des végétaux à un large public, principalement aux enfants ». Découvrir Klorane Botanical Foundation

Les forêts, indispensables au renouvellement des ressources en eau

Les végétaux ont de nombreux bienfaits botaniques pour l’homme, et contribuent aussi de manière très importante à préserver et restaurer les ressources en eau. Au-delà de leur rôle connu dans l’absorption et le stockage du CO², l’un des gaz responsables de l’effet de serre, les racines des arbres aèrent le sol, limitent son érosion, et permettent à l’eau de rejoindre les nappes phréatiques pour reconstituer les réserves d’eau douce. Ils constituent un maillon essentiel du cycle de l’eau. « Sans arbres, les sols sont moins maintenus, plus compacts et donc incapables d’absorber l’eau, décrit Florence Guillaume, ce qui conduit à l’épuisement des réserves d’eau et la désertification progressive. »

Les actions réalisées par Klorane Botanical Foundation

Forte de ce constat, la fondation s’engage partout dans le monde pour reconstituer un patrimoine végétal et des écosystèmes menacés par les activités humaines. « Nous menons des actions très variées, à la fois proches du terrain et des hommes », explique Florence Guillaume.

La Grande Muraille Verte au Sahel pour stopper l’avancée du désert

« Au Sahel, nous sommes engagés depuis 2012 dans le projet de La Grande Muraille verte. Nous plantons chaque année 10 000 dattiers du désert pour reconstruire un écosystème viable et lutter contre la désertification, raconte Florence Guillaume. Les racines de ces arbres, profondes et pivotantes, captent l’eau en profondeur pendant la sécheresse, et les racines superficielles s’étendent lors de la saison des pluie pour absorber l’eau en surface. Ces arbres sont ensuite capables de restituer l’eau pendant plusieurs mois. Cette muraille verte va maintenir une certaine humidité, faire revenir de la vie animale et végétale autour des arbres, constituant une source d’alimentation pour les hommes et le bétail. » Au total, 70 000 arbres ont déjà été plantés depuis le lancement du projet, et les plantations continuent.

La menthe aquatique pour dépolluer l’eau douce

La fondation a mis sur pied un partenariat avec un laboratoire de chimie bio-inspirée et d’innovations écologiques qui mène dans les Cévennes une action de dépollution d’eaux contaminées par des métaux lourds provenant d’une ancienne mine. La menthe aquatique a d’excellentes capacités épuratrices. Elle joue un rôle central dans ce projet consistant en l’installation de colonnes pilotes contenant de la poudre de racines de menthe aquatique capables de filtrer l’eau par la captation de ses métaux lourds. « Nous sommes engagés dans un processus de recherche scientifique et nous préparons avec notre partenaire l’installation des dispositifs pilotes, explique la directrice de Klorane Botanical Foundation. C’est un programme très innovant qui s’attaque à un problème majeur de santé publique. La fondation agit de différentes façons pour préserver tout ce qui touche à l’eau, à la vie et à la nature. »

Des économies de bois pour stopper la déforestation aux Comores

Les Comores, l’un des pays les plus pauvre de la planète, subissent une déforestation galopante. La principale ressource du pays est en effet l’ylang ylang, qui est distillé via des foyers ouverts très consommateurs en bois. « En partenariat avec l’association Initiative Développement, Klorane Botanical Foundation installe des foyers fermés, moins gourmands en énergie. Ils permettent d’économiser 270 tonnes de bois chaque année ! se réjouit Florence Guillaume. Nous formons aussi les cultivateurs à des techniques durables, qui leur facilitent le travail et leur assurent un avenir meilleur. L’eau est au centre de cette action : en économisant le bois coupé, on préserve la biodiversité, on freine la déforestation et on évite l’expansion de terres arides. »

Une forêt indigène en reconstitution dans le Tarn

En se basant sur l’observation de la végétation proche des temples au Japon, à laquelle personne ne touche dans ces lieux sacrés, le botaniste A. Miyawaki a élaboré une méthode de restauration des forêts. « La fondation soutient le projet SILVA, qui vise à recréer une forêt native dans le Tarn avec des essences qui existaient il y a 13 000 ans, raconte Florence Guillaume. Nous avons fourni 5 000 arbres de différentes espèces. Ils sont plantés très serrés, puis poussent de manière naturelle, sans intervention humaine. On se rend compte que cette méthode expérimentale est fructueuse, elle constitue un passionnant laboratoire d’observation de la restauration de la biodiversité et nous allons suivre cela de près pendant les prochaines années. »

Un engagement sur le long terme

La fondation agit aussi en Amazonie, avec 5 000 plants de Cupaçu plantés, en Italie, en Grèce, avec la plantation de 11 000 oliviers… des actions toujours très concrètes et qui placent l’humain au centre de la relation avec la nature. « Nous souhaitons intensifier ces actions dans le futur, conclut Florence Guillaume, puisque l’on sait que la protection de l’eau douce consommable est le grand combat à mener aujourd’hui. Cette eau, on ne peut la protéger qu’en préservant la biodiversité et les écosystèmes. »

Pour initier les plus jeunes à l’importance de la biodiversité et la richesse du monde végétal, téléchargez l’application Herbier digital développée par la Fondation. Les enfants pourront photographier les espèces rencontrées dans la nature et leur offrir un cadre customisé à partager avec leurs amis. Une manière ludique de leur faire aimer la botanique !

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