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Programme de reforestation en Amazonie, un an après

Interview d'expert : Nawal Saïchi, chef de projet international de Klorane Botanical Foundation

Il y a un an, Klorane Botanical Fondation choisissait d’accompagner un programme de reforestation et de partage de savoir-faire agricole en Amazonie brésilienne centré sur la culture du cupuaçu. Point d’étape avec Nawal Saïchi, chef de projet international de Klorane Botanical Foundation.

Quel est l’engagement de Klorane Botanical Foundation en Amazonie ?

« Soucieuse d’accompagner le développement d’une agriculture responsable et durable en Amazonie, Klorane Botanical Foundation s’est engagée en partenariat avec l’Institut Beraca, grande figure de la protection de la biodiversité au Brésil, pour mettre en place un ambitieux programme de partage des connaissances entre deux communautés exploitant le Cupuaçu, essence endémique dont la culture en agroforesterie permet de régénérer des terres dégradées par la déforestation. » C’est la communauté de Tome Açu, déjà forte d’une expérience de 10 ans dans le domaine, qui a été retenue pour transmettre depuis un an son savoir-faire aux habitants de Bela Aurora. Cette communauté plus isolée est composée de descendants d’esclaves : ce projet leur permet de sortir de la précarité économique et de rompre avec certaines pratiques agricoles dégradant l’environnement telle que la culture sur brûlis. 

En quoi la culture du Cupuaçu en agroforesterie est-elle bénéfique pour l’environnement ?  

« L’Agroforesterie est une pratique d’occupation des sols qui permet d’associer plusieurs espèces afin de recréer un écosystème équilibré et de préserver la biodiversité. Ce mode de production permet notamment aux agriculteurs de restaurer la fertilité des sols dégradés par la déforestation et de diversifier leurs productions. Espèce endémique nécessitant peu de soins, le Cupuaçu s’intègre parfaitement dans la mise en place de ce système agricole. » Planté en agroforesterie, le Cupuaçu cohabite avec des essences comme l’açai, espèce bien connue pour ses baies énergétiques. Sous cette strate d’arbres sont plantés des bananiers, des fruits de la passion ou de l’acerola. Puis s’ajoute un étage de cultures plus basses constituées d’herbacées et de productions vivrières telles que le maïs, les haricots ou le manioc, à la base de l’alimentation locale. « Fonctionnant en synergie, ce système agricole donne des rendements importants tout en préservant l’environnement » précise Nawal.

Quel est le bilan concret au terme d’un an d’action sur le terrain ?

« Nous tablions sur l’implantation de 3 000 arbres. Cet objectif a d’ores et déjà été dépassé puisque 3 186 plants de cupuaçu ont été mis en terre. Au total, 11 hectares de terres dégradées par la déforestation ont donc été repris en main et sont désormais cultivés de manière durable. » se réjouit la Fondation. Les 13 agriculteurs, dont une femme, partie prenante du projet doivent néanmoins encore attendre pour tirer profit du cupuaçu car il faut au moins trois ans pour que sa fructification soit optimale. « Les bénéfices de l’agroforesterie se font déjà sentir. L’analyse de notre partenaire Beraca montre que ce système agricole donnant des rendements bien supérieurs à ceux que les agriculteurs de Bela Aurora réalisaient auparavant, ils peuvent vendre davantage de cultures vivrières sur les marchés de la région telles que le manioc, les haricots ou les bananes. Sortant peu à peu de la précarité, ces producteurs sont convaincus des bienfaits économiques et environnementaux de l’agroforesterie et sont devenus autant de porte-paroles spontanés de ces bonnes pratiques agricoles. » Pour appuyer ce message, Klorane Botanical Foundation intervient également dans les écoles locales afin de sensibiliser les plus jeunes à la préservation de la nature et s’assurer de transmettre ces savoir-faire aux prochaines générations. 

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