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Produire un beurre de Cupuaçu bio et responsable en Amazonie

Interview d'expert : Stéphane Laclau, responsable Approvisionnement au sein de Green Mission Pierre Fabre

Pour sourcer le Cupuaçu si nutritif, Klorane a choisi une filière éco-responsable et généreuse en Amazonie. Interview de Stéphane Laclau, responsable Approvisionnement en Plantes au sein de Green Mission Pierre Fabre, qui suit de près cet ambitieux projet, et ses résultats très concrets.

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En quoi consiste le projet d’agroforesterie en Amazonie brésilienne ?

Nous travaillons depuis déjà plusieurs années avec la communauté de Tomé Açu, dans l’Etat du Para, au Nord du Brésil. Celle-ci nous fournit un beurre de cupuaçu bio produit grâce à un système agroforestier respectueux de l’environnement : intégrer le Cupuaçu dans l’écosystème forestier existant, et l’associer à d’autres cultures vivrières comme l’Açaï, le Cacao, … pour produire de nouveaux revenus tout en préservant la biodiversité.

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Ce projet est aussi une histoire de transmission …

Soucieux de continuer à encourager le développement d’une agriculture durable et responsable en Amazonie, Klorane Botanical Foundation engagé en 2018 dans un partenariat avec l’ONG locale Instituto Beraca afin de mettre en place un programme de partage des connaissances entre deux communautés. Déjà forts d’une expérience de 10 ans dans la culture du cupuaçu, les habitants de Tome Açu transmettent donc depuis deux ans leur savoir-faire à ceux de Bela Aurora. Grâce à ce programme d’échange, cette communauté isolée composée de descendants d’esclaves sort de la précarité économique dans laquelle elle vivait et rompt avec des pratiques agricoles dégradant l’environnement.

Comment s’est passé concrètement le transfert de compétences entre la communauté de Tome Açu et celle de Bela Aurora ?

Après quelques difficultés techniques, la greffe a finalement pris et les résultats sont déjà au-delà de nos espérances. En 2018, les premiers plants de cupuaçu implantés à Bela Aurora ont eu du mal à se développer et beaucoup sont morts car ils étaient trop exposés au soleil. Après relocalisation de cette nursery et l’apport de centaines de plants vigoureux offerts par les habitants de Tome Açu, le projet a réellement démarré. Comme à Tome Açu, les habitants de Bela Aurora ont implanté leurs cultures directement dans la forêt, celle-ci ayant été préalablement nettoyée mais non défrichée. Cacao, avocat, açai, andiroba, banane ou encore manioc : le cupuaçu est associé à de nombreuses autres cultures, dont certaines sont vendues sur les marchés locaux. Cela va permettre de diversifier l’alimentation de cette communauté, et générer de nouveaux revenus d’ici 2 ans, celle-ci vivant principalement de collecte dans la forêt et de pêche.

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Où en est-on après deux ans de programme et quelles sont ses perspectives de développement ?

Quelque 6 000 plants, dont la moitié de Cupuaçu, ont d’ores et déjà été mis en terre sur une parcelle de 11,5 hectares. La surface engagée n’évoluera pas, l’idée étant plutôt de densifier le système agroforestier mis en place. La production va croitre, et grâce à ce projet rémunérateur, les habitants de Bela Aurora espèrent pouvoir maintenir les générations futures sur leur terroir et rompre avec l’exode rural qui prévalait jusqu’alors. Ils se félicitent par ailleurs de pouvoir tirer profit de leur environnement sans le dégrader. Car, à quelques kilomètres de chez eux, la forêt amazonienne a été rasée et laisse désormais place à des grandes plaines, où sont cultivés le soja ou le palmier à huile.

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L’agroforesterie est-elle une solution pour lutter contre la déforestation ou les incendies en Amazonie ?

Au niveau local, c’est indéniable. Les habitants de Bela Aurora ont pris conscience que la croissance économique pouvait être associée à une gestion durable des ressources environnementales. Tirant profit de l’agroforesterie, ils ont cessé les cultures sur brûlis, dont on sait qu’elles sont en partie responsables des dramatiques incendies toujours en cours en Amazonie. Pour inverser la tendance et lutter efficacement contre la déforestation, il faudrait multiplier ce genre d’initiatives.

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