Vers une agriculture durable et raisonnée…

Bonnes nouvelles

Aux quatre coins de la planète des initiatives, à petite ou grande échelle, témoignent de l’efficacité d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement.

C’est qui le patron ? bouscule l’agroalimentaire

Après le lait, le chocolat ou les œufs, la coopérative française « C’est qui le patron ? » commercialise depuis le 1er mars sa « farine des consommateurs ». Issue de l’agriculture raisonnée, celle-ci est fabriquée à partir de blé tendre 100% français, garanti sans OGM ni additif.  Quant à son prix, il a été fixé en amont par les consommateurs, qui ont été appelés à voter sur le site de la coopérative afin de garantir une rémunération juste aux céréaliers. Lancée en 2016 pour répondre à la crise du lait, la petite structure tricolore attire toujours plus de clients et se fait place grandissante dans les rayons des supermarchés.  En deux ans, « C’est qui le patron ? » a passé la barre des 100 millions de produits vendus et a engrangé 100 millions de chiffre d’affaires. Quand rentable rime avec durable et équitable…

En Inde, l’Etat d’Andra Pradesh poursuit sa révolution verte

Après un essai concluant auprès de 500 000 agriculteurs, l’Andra Pradesh, Etat du centre de l’Inde peuplé de 50 millions d’habitants, passe à la vitesse supérieure. En juin dernier, il a annoncé le déblocage d’un fonds de 2 milliards d’euros visant à convertir ses six millions d’exploitations (soit 8 millions d’hectares de terres) à une agriculture durable n’utilisant aucun intrant chimique et le moins de semences importées possible d’ici à 2024. Objectif : régénérer des écosystèmes épuisés par l’agriculture intensive et redonner une bouffée d’air économique à une paysannerie souvent écrasée par le coût des intrants utilisés jusque-là.

Aux Pays-Bas, les « fermiers seigneurs » ont la cote

Aux Pays-Bas, pays où l’agriculture est l’une des plus intensives du continent, la communauté des "herenboeren" (comprenez « fermiers seigneurs ») navigue joyeusement à contre-courant. Initiateur de ce projet implanté à Boxtel depuis 2016, l’ingénieur agronome Geert Van de Veer a fédéré 200 familles dans une coopérative louant une vingtaine d’hectares et les services d’une agriculture qui produit de manière raisonnée des fruits, des légumes et de la viande. Pour seulement 10 € par semaine, les familles impliquées parviennent à couvrir 70% de leurs besoins alimentaires ! Chacune d’entre elles a versé au départ 2000 € au pot commun. Une somme qu’elle peut récupérer après un engagement d’un minimum de trois ans. Dans la foulée de ces pionniers, des dizaines d’autres communautés de fermiers seigneurs se sont constituées dans le pays.

Songhaï, un modèle de ferme durable pour l’Afrique

Godfrey Nzamujo, microbiologiste et docteur en sciences du développement, quitte la Californie et ouvre une « ferme mère » sur un hectare de terres médiocres au Bénin. But de son projet, qu’il baptise Songhaï ? Mettre en place une exploitation agricole durable, autonome, et réduisant au maximum les intrants chimiques. 40 ans plus tard, la ferme, qui combine agriculture, aviculture, pisciculture, production d’engrais et même production de pièces de rechange pour les machines agricoles, s’étend sur plus de 25 hectares et affiche les meilleurs rendements du pays. Surtout, Songhaï est devenu un centre de formation où plus de 300 étudiants viennent des quatre coins du continent se former chaque année en gestion et nouvelles techniques agricoles. Désigné « centre d’excellence pour l’agriculture » par les Nations Unies, le modèle Songhaï a été dupliqué sur 16 autres sites. Au Bénin, bien-sûr, mais aussi au Nigeria, au Liberia ou en Sierra Leone.

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